
Quand l’âme se souvient
Sans aucune prétention de ma part, vous savez que ce blog est mon œuvre. Entendez ce mot « œuvre » au sens musical. Cet assemblage de mots est une symphonie vibratoire. Chaque article est un mouvement. Chaque podcast est une vibration. Chaque conférence est une respiration. Chaque livre est une étape. Mais cette harmonique ne raconte qu’une seule chose : le retour de l’Humain Angélique vers lui-même. Chaque article expose une vérité qui pose question. Mise en relation avec une autre, elle devient plus cohérente et pose d’autres questions. Plus poétiquement, chaque article propose une clé qui ouvre une porte. Vous, qui me suivez, avez compris que ce n’est qu’en parcourant plusieurs portes que vous découvrez peu à peu l’architecture de l’ensemble. Et chaque porte franchie en révèle une nouvelle, c’est une invitation à la réminiscence. Alors si, au fil de ces lignes, vous avez parfois l’impression de ne rien apprendre mais de reconnaître quelque chose que vous aviez toujours su sans pouvoir le nommer, alors ces mots auront accompli leur véritable vocation.
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Quand l’âme se souvient,
Je ne vais pas vous surprendre si je vous dis que je ne suis pas d’accord avec le postulat que nous sommes venus sur Terre pour être sauvés. Sauvé de qui, sauvé de quoi. Je crois plutôt que nous sommes venus nous souvenir, oui nous souvenir. Certes, nous sommes ici pour libérer des charges karmiques et faire l’apprentissage de la dualité, oui. Mais pas apprendre au sens scolaire, pas accumuler des connaissances, ni collectionner des croyances. Juste nous souvenir. Dit autrement, et si notre vie n’était pas seulement un chemin pour apprendre, mais aussi un chemin pour nous souvenir ? Je sais, cela paraît étrange, dit comme ça ; se souvenir…Ok mais de quoi ? Ben justement, j’ai le sentiment que c’est la plus belle question que l’on puisse se poser. Regardez bien, pourquoi certaines personnes lisent un livre et ont l’impression de découvrir quelque chose alors que d’autres referment exactement le même livre en disant : « J’avais l’impression de le savoir déjà« . Cela résonne en vous n’est-ce pas ?
Je voudrais vous poser une question, une vraie question. Pas une question à laquelle il faut répondre tout de suite. Une question qu’il suffit de laisser vivre quelques instants : Avez-vous déjà eu le sentiment de vous souvenir de quelque chose que vous n’avez pourtant jamais appris ? Je ne parle pas d’un souvenir d’enfance. Je vous parle de cette sensation étrange qui surgit parfois sans prévenir. Vous rencontrez quelqu’un pour la première fois et, pourtant, vous avez l’impression de le connaître depuis toujours. Vous visitez un lieu inconnu et quelque chose en vous murmure : « Je suis déjà venu ici. » Vous lisez une phrase et vous n’avez pas le sentiment de découvrir une idée, vous avez l’impression de la retrouver. Avouez que tout ce que je viens d’évoquer vibre en vous et vous murmure : « Je connais déjà cela ! » Vous ne savez pas pourquoi, vous ne pouvez pas l’expliquer, ni le démontrer ou le prouver. Et pourtant, vous le ressentez profondément et quelque chose en vous répond : Oui. Pas un oui intellectuel, un oui plus profond. Comme si quelqu’un, à l’intérieur de vous, reconnaissait enfin quelque chose qu’il avait oublié. Cette sensation a un nom, c’est ce que les Grecs appelaient la réminiscence. Ils suggéraient que certaines vérités ne s’apprennent pas, elles se reconnaissent. Depuis longtemps, cette idée m’accompagne, elle ne m’a jamais demandé d’y croire. Elle m’a simplement invité à regarder autrement. Et même, j’aime beaucoup ce mot « réminiscence » car il ne parle pas d’apprentissage mais de mémoire.
C’est pourquoi cet article sera différent des précédents, j’aimerais vous proposer une idée, que bien sûr vous êtes libre de laisser de côté si elle ne résonne pas en vous. Posez-vous la question : et si notre plus grande souffrance n’était pas d’être séparés de Dieu, mais simplement d’avoir oublié qui nous sommes…Ça résonne en vous ? À partir de ce moment-là, beaucoup de choses prennent un autre sens. L’ego n’est plus un ennemi, il devient simplement le personnage que nous avons fini par prendre pour nous-mêmes. A partir de là, nous passons notre vie à répondre à une question qui, au fond, est impossible : Qui suis-je ? Alors on répond, je suis professeur, je suis artisan, je suis chrétien, je suis père, je suis une victime, je suis quelqu’un de fort, je suis quelqu’un de fragile. Mais est-ce vraiment vous, ou est-ce simplement l’histoire que vous vous racontez à votre sujet pour être conforme à votre environnement, votre culture ou simplement conforme à ce que l’on attend de vous ?
Pendant des années, j’ai cru, comme beaucoup, que le développement spirituel consistait à accumuler des connaissances. Lire davantage, comprendre davantage, découvrir de nouveaux enseignements, encore et encore ! Puis, un jour, une idée toute simple est venue bousculer cette manière de voir les choses. Je vous l’ai assez dit, et si nous passions notre existence à chercher à l’extérieur ce qui attend patiemment d’être retrouvé à l’intérieur ! Cette question ne m’a plus quitté. Aujourd’hui encore, je n’ai pas la prétention d’y répondre, mais elle éclaire différemment tout ce que j’observe. Un exemple vaut mieux que toutes les démonstrations savantes. Alors observez un enfant. Avant même qu’on lui explique qui il est ; il EST. Il rit, il pleure, il explore, il tombe et il recommence. Puis arrivent les mots, les étiquettes, les comparaisons mais aussi les attentes et les peurs. Peu à peu, il apprend à répondre à une question qui paraît pourtant bien étrange : Qui es-tu ? Alors il construit une réponse. Je suis timide, je suis fort, je suis intelligent, je suis croyant, je suis cartésien. Bref, je suis ceci, je suis cela. Et sans même nous en rendre compte, nous finissons par confondre ce que nous sommes avec l’histoire que nous racontons sur nous-mêmes.
Avec le temps, j’ai appris à regarder les choses autrement. Avec cette nouvelle vision de la réalité, libérée de tout conditionnement mental, et hors de ces paramètres virtuels d’espace et de temps, j’ai découvert qu’Il y aurait, en chacun de nous, trois dimensions. D’abord, le « je pense être« . C’est l’image que nous avons construite au fil de notre chemin. C’est ce qu’on l’appelle souvent l’ego. Attention pas celui dont tous ces mouvements néfastes bien-être et newageux évoquent comme s’il fallait le tuer. Au contraire, il ne faut pas le considérer comme un ennemi, ni le tuer, je vous l’ai déjà dit. Il nous aide à évoluer dans le monde, à nous protéger, trouver notre place. C’est celui qui nous permet d’exister socialement, celui qui construit notre identité. Le problème n’est pas son existence. Le problème commence lorsque nous croyons être uniquement cela. Puis il y a une autre dimension plus discrète, plus silencieuse. Le « Je suis« . Pas celui qui ajoute un adjectif. Pas celui qui dit je suis médecin, je suis père ou je suis victime. Il dit simplement je suis, sans masque, sans rôle et surtout sans besoin de justifier ni de prouver.
Pour mieux comprendre, rien ne vaut une image. Lorsque vous regardez un lac par temps calme, vous voyez le fond. Dès que le vent se lève, vous ne voyez plus que les vaguelettes. Pourtant le fond n’a pas disparu, il est simplement devenu invisible. J’aime penser que notre « Je suis » ressemble au fond du lac et que notre ego ressemble à la surface agitée. Et entre les deux, il y a notre vie, notre manière d’habiter le monde. Ce que nous faisons, nos choix, nos gestes, nos paroles, nos réactions, nos peurs, nos élans. Autrement dit, notre « Je fais« . Mais faites-vous avec authenticité ou portez-vous un masque pour être reconnu ? C’est là que tout devient passionnant parce que notre manière d’agir révèle presque toujours l’écart qu’il existe entre ce que nous croyons être et ce que nous sommes réellement. Vous voyez maintenant les trois niveaux, alors posez-vous cette question : notre vie n’est-elle pas finalement que le reflet de la distance qui sépare notre « je pense être » de notre « Je suis » ?
Depuis toujours, les êtres humains racontent des histoires. Ils parlent d’un arbre, d’un serpent, d’un jardin, d’une montagne, du feu, de l’eau, du souffle. Pourquoi retrouve-t-on les mêmes symboles sur des continents séparés par des milliers de kilomètres ? Pourquoi ces images traversent elles les siècles sans disparaître ? Je ne crois pas qu’elles aient été créées pour imposer des croyances mais plutôt qu’elles ont été conçues pour réveiller une mémoire. Imaginez plusieurs personnes qui contemplent la même montagne. L’une la dessine depuis la vallée, une autre depuis le sommet, une troisième depuis le versant nord. Les dessins seront différents, pourtant ils parlent tous de la même montagne. C’est le principe même d’un symbole, il ne dit jamais crois-moi. Il murmure, regarde si quelque chose résonne en toi. C’est toute la différence. Observez une carte routière, elle n’est pas le paysage, elle aide simplement à s’orienter. Je crois que les grands symboles de l’humanité jouent exactement ce rôle. Ils ne sont pas le chemin, ils nous invitent seulement à regarder dans une certaine direction.
Par exemple le serpent, combien de personnes le voient immédiatement comme le symbole du mal. Et pourtant, dans d’autres traditions, il représente la guérison, la connaissance, la transformation aussi quand il change de peau pour grandir. Mais il ne devient pas un autre, il révèle simplement une nouvelle étape de ce qu’il était déjà. Vous ne croyez pas que cette image parle aussi de nous ? Grandir ne consiste pas à devenir quelqu’un d’autre, cela consiste à laisser tomber, une à une, les peaux devenues trop lourdes, trop étroites qui nous empêchent d’être pleinement nous-mêmes. Il en va de même pour les éléments, la Terre, l’Eau, l’Air, le Feu. Comme vous, je les ai regardés pendant longtemps, comme des réalités physiques. Jusqu’à ce que je prenne conscience du cinquième élément, l’Ether qui lui n’est pas physique mais éthéré comme son nom l’indique. Les anciens parlaient eux aussi d’un cinquième élément, l’Éther. Je ne sais pas si ce mot est le meilleur mais j’aime ce qu’il évoque. Ce qui relie, ce qui unit, ce qui réconcilie. Aujourd’hui, je les vois aussi comme un langage. La Terre nous rappelle l’incarnation, l’Eau nous parle de nos émotions, le Feu transforme, l’Air ouvre la pensée. Et lorsque tout cela retrouve son équilibre dans l’Ether, quelque chose s’apaise, comme si la nature extérieure venait parfois refléter notre nature intérieure. Encore une fois, ces symboles nous invitent à observer chaque facette de ce diamant que nous sommes en devenir.
Certains qui n’ont pas vu mes interviews, écouté mes articles ou lu mes livres me demandent parfois : « Crois-tu au karma, à la réincarnation ou encore que l’âme choisît son chemin avant de naître ? » À ceux-là, je pourrais répondre mais je préfère leur poser une autre question : « Que change cette idée dans notre manière de vivre aujourd’hui ? ». Car si une croyance ne nous rend ni plus conscients, ni plus libres, ni plus aimants, elle risque de devenir une nouvelle étiquette. Or, le but n’est certainement pas de collectionner les réponses mais bien d’apprendre à mieux habiter les questions. Vous savez bien que je fais souvent une distinction entre le réveil et l’éveil. Le réveil, c’est lorsque quelque chose commence à nous déranger, que nous réalisons que le monde est plus vaste que ce que nous imaginions. Alors nous cherchons, nous lisons et nous remettons certaines certitudes en question. C’est une étape importante, mais elle n’est qu’un commencement. L’éveil commence lorsque la question ne porte plus seulement sur le monde, mais sur nous-mêmes. Lorsque nous cessons de demander que dois-je croire pour commencer à demander qu’est-ce qui est vrai dans mon expérience. Cette nuance change tout.
Pour terminer, vous l’aurez peut-être remarqué, je n’ai presque rien affirmé dans cet article, c’est volontaire. J’ai abordé plusieurs sujets qui ont pu vous dérouter car au premier abord, ils ne semblent pas avoir de lien entre eux. Ce n’est qu’une apparence. Vous êtes ce diamant brut, et même si je vous aide à révéler chaque facette de vous-même, c’est à vous de découvrir votre Lumière. Je vous l’ai dit et répété au fil des articles, je n’ai aucune envie que vous repartiez en pensant comme moi. J’aimerais simplement que certaines de ces questions continuent de vivre en vous parce qu’au fond, je ne crois pas que l’on puisse éveiller quelqu’un. On peut seulement créer les conditions d’une rencontre, une rencontre avec une intuition, avec un symbole, avec une expérience, avec un silence. Le reste ne nous appartient plus. Alors, avant de refermer cette page, je voudrais simplement vous proposer une petite expérience. Ne cherchez pas à savoir si vous êtes d’accord avec ce que vous venez de lire. Ne cherchez pas davantage à savoir si j’ai raison ou pas.
Demandez-vous plutôt : Quelle phrase est restée en moi ? Pas celle que votre intellect a retenue, celle qui a continué à résonner pendant que vous lisiez. Peut-être n’y en a-t-il aucune, et c’est très bien aussi. Peut-être n’était-ce pas le bon moment ou peut-être qu’une seule phrase a trouvé sa place. Si c’est le cas, ne la croyez pas, ne la rejetez pas non plus, laissez-la simplement vous accompagner quelques jours. J’aime à croire que je sème les graines de la Conscience sachant que les plus belles graines ne sont pas celles qui germent le plus vite, ce sont celles qui attendent patiemment leur saison. Et si, un jour, au détour d’un livre, d’une rencontre ou d’un simple instant de silence, vous avez l’étrange sensation de ne rien découvrir, mais de vous souvenir, alors peut-être que cette lecture n’aura pas été un enseignement mais encore une porte que vous venez de franchir. Peut-être aura-t-elle simplement été une rencontre avec cette part de lumière en vous qui, depuis toujours, n’a jamais cessé de murmurer : « Je suis ».